Mercato OM 2026 : une intersaison sous tension entre ventes forcées et identité à reconstruire

Fin juillet, la plupart des grands clubs de Ligue 1 ont déjà officialisé au moins une recrue. À Marseille, le silence commence à peser. Aucun nouveau visage n’a encore rejoint l’effectif phocéen cet été, alors même que le club sort d’une saison marquée par des départs à répétition et un changement de direction sportive. Entre contraintes budgétaires, dossiers de vente qui traînent en longueur et priorité donnée à l’assainissement financier, comprendre le mercato marseillais suppose d’abord de revenir sur les secousses qui l’ont précédé, tant chaque décision de cet été semble découler directement des choix, ou des renoncements, de la saison précédente.

Une saison 2025-2026 qui a rebattu toutes les cartes

Difficile de trouver un club de l’élite française ayant connu autant de bouleversements en une seule saison. Le départ d’Adrien Rabiot dès le mois d’août 2025 avait donné le ton, suivi de celui de Roberto De Zerbi sur le banc en février, puis plus récemment de Mason Greenwood, parti rejoindre Fenerbahçe. Ajoutez à cela les sorties d’Hamed Junior Traoré et de Pierre-Emerick Aubameyang, et l’on comprend pourquoi la direction marseillaise aborde cette intersaison avec la nécessité de reconstruire davantage que d’ajuster.

Suivre le Mercato de l’Olympique de Marseille cet été revient ainsi à observer un club qui cherche sa nouvelle identité sous la houlette de Bruno Genesio, arrivé sur le banc dans un contexte déjà fragilisé, avec un nouveau directeur sportif, Grégory Lorenzi, chargé de redessiner un effectif profondément remanié en quelques mois seulement.

Vendre avant d’acheter : une contrainte plus qu’un choix

Le dossier Greenwood, symbole d’un été compliqué

La vente de Mason Greenwood devait initialement fluidifier le début de mercato marseillais. Le club aurait fixé ses attentes financières au-delà des 55 millions d’euros, un montant qui a visiblement freiné plusieurs prétendants, dont l’Atlético de Madrid, qui semble avoir refermé la porte du dossier. Ce genre de négociation qui traîne illustre bien la difficulté de l’exercice : vendre au juste prix sans brader un actif que le club considère encore comme stratégique.

Une masse salariale à alléger en priorité

Au-delà d’un joueur en particulier, c’est toute la structure salariale du club qui doit être revue. Les ventes déjà enregistrées cet été, pour un montant avoisinant les 40 millions d’euros selon plusieurs sources spécialisées, n’ont pas encore permis de dégager un solde positif, ce qui explique la prudence affichée sur le front des arrivées tant que l’équation budgétaire n’est pas stabilisée. Cette discipline comptable, aussi frustrante soit-elle pour les supporters impatients de voir du sang neuf, correspond aussi à une réalité désormais familière pour de nombreux clubs français contraints de composer avec des règles de gestion plus strictes qu’il y a quelques années.

Des pistes multiples, mais un mercato qui tarde à démarrer

Sinayoko et Depay, deux profils suivis de près

Parmi les dossiers évoqués, celui de Lassine Sinayoko, attaquant remarqué la saison passée avec l’AJ Auxerre, aurait franchi une nouvelle étape ces derniers jours. La piste menant à Memphis Depay, libre après son passage aux Corinthians, a en revanche perdu de sa fluidité, la concurrence sur ce type de profil expérimenté restant vive malgré un marché des joueurs libres de plus en plus étroit.

Le retour de prêt, une solution économique

En attendant une recrue extérieure, l’OM a pu compter sur le retour de prêt de Derek Cornelius, en provenance des Rangers de Glasgow. Ce type de mouvement, moins spectaculaire qu’une signature inédite, permet néanmoins de renforcer l’effectif sans peser davantage sur des comptes déjà sous surveillance.

Sécuriser la formation pendant la tempête

Au milieu de cette période d’incertitude, le club a pris soin de prolonger plusieurs jeunes espoirs issus du centre de formation, à l’image de Saïd Remadnia, dix-sept ans, considéré comme l’un des talents les plus prometteurs de sa génération. Ce choix traduit une volonté de préserver un socle stable pendant que l’effectif professionnel se réorganise autour de nouvelles têtes, une manière de rassurer un club où la continuité sportive s’est justement fait rare ces derniers mois.

Un mercato encore à écrire

Le compte à rebours avant la reprise du championnat s’accélère, et Marseille devra trancher rapidement entre prudence budgétaire et besoin urgent de renfort sur le terrain. Reste à savoir si les prochaines semaines suffiront à transformer cette intersaison de transition en un mercato réellement abouti, ou si l’OM devra une nouvelle fois composer avec un effectif construit dans l’urgence des derniers jours de la fenêtre estivale.